Nantes (FR) - La belle au bois dormant se réveille

2019

URBACT Programme

Depuis 2002, Urbact est le programme de coopération territoriale européenne visant à promouvoir un développement urbain intégré et durable dans les villes des États membres de l’Union européenne, de Norvège et de Suisse. Urbact est un instrument de la politique de cohésion, financé par le FEDER (Fonds européen de développement régional) et les États membres.

Urbact est un programme européen d’échanges et d’apprentissage entre villes dont l’objectif est de développer des solutions aux grands défis urbains. En mettant en réseau les villes européennes, en renforçant les compétences et en capitalisant sur les bonnes pratiques, il soutient les décideurs publics et les acteurs de terrain pour développer des solutions durables qui intègrent les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement urbain.

Dans le prolongement des programmes Urbact I et II, Urbact III continue de promouvoir un développement urbain intégré et durable et contribue aux objectifs de la stratégie Europe 2020.

À télécharger : urbact-citystories-nantes.pdf (1,5 Mio)

Nantes a mis à profit l’utilisation temporaire pour revitaliser l’espace urbain et tester le développement futur. Avec l’aide d’URBACT, les citoyens sont maintenant impliqués de façon créative dans la construction de cet avenir.

Située sur la Loire, dans le nord-ouest de la France, Nantes était une ville industrialo-portuaire prospère avant que la désindustrialisation du XXe siècle n’entraîne un chômage généralisé et une stagnation économique. Dans les années 1980, Nantes était connue comme « une belle endormie ». Depuis lors, la ville a connu une régénération culturelle et un renouveau économique à grande échelle. Nantes a attiré l’attention internationale par son approche innovante du développement urbain post-industriel, avec l’utilisation temporaire comme moteur principal. Dans le cadre du réseau URBACT REFILL, Nantes a partagé ses stratégies réussies avec neuf villes partenaires, et a ainsi renforcé la participation du public dans la construction de son propre avenir.

Un îlot d’opportunités

Île de 4,9 km de long au centre de la ville, l’île de Nantes était un centre d’industrie maritime avant que les chantiers navals ne ferment en 1987, rendant la plupart des friches industrielles abandonnées. En 1989 - malgré les ambitions des promoteurs de construire des projets rentables - le maire nouvellement élu à l’époque, Jean-Marc Ayrault, a mis un terme à toute planification et a exigé que l’île soit repensée. Le maire Ayrault s’est engagé à tester des solutions par le biais d’une utilisation temporaire. En 2003, la ville a créé une société de développement, SAMOA, qui pouvait acheter des terrains, les rezoner et les revendre à des conditions prédéterminées, afin de transformer l’île en fonction des intérêts publics. En 2008, alors que l’île se réaménage progressivement, la SAMOA a conservé trois grands anciens halls industriels pour les utiliser comme espaces de bureaux temporaires et abordables pour les entrepreneurs nantais et les petites entreprises travaillant dans les industries créatives, culturelles ou caritatives. Au total, les bâtiments abritent 180 entreprises - c’est ce qu’on appelle un hôtel pour les jeunes pousses - et le projet, qui s’étend sur dix ans, a connu un tel succès qu’il y a une liste d’attente. L’île de Nantes est aujourd’hui l’un des plus grands sites de régénération urbaine d’Europe. Ses utilisations temporaires en ont fait une plaque tournante pour les industries créatives et ont diversifié l’économie nantaise. L’île sert de laboratoire pour le réaménagement urbain, accueillant des compagnies d’art de rue, des laboratoires de design, des espaces de travail en commun, des bars, des galeries et un théâtre. Une partie de l’espace est programmée sans aucune utilisation définie, dans une flexibilité qui permet à la ville d’être agile et réactive. Suite au succès culturel et économique de ces initiatives à court terme sur l’île, SAMOA prévoit maintenant d’intégrer des stratégies d’utilisation temporaire dans les plans de développement à long terme de l’île, prouvant ainsi que l’utilisation « en attendant » ne doit pas nécessairement prendre fin lorsque le réaménagement commence.

Ilotopia

« Le projet REFILL a aidé Nantes à organiser un groupe de travail local d’acteurs qui n’avaient pas été réunis avec succès auparavant », explique Lucie Renou, chef de projet international de SAMOA. La formation de ce groupe local URBACT - composé de fonctionnaires de la ville, d’urbanistes et de membres de la communauté - a permis de créer un nouveau projet de participation citoyenne sur l’île de Nantes : Ilotopia. Basé dans un ancien garage, Ilotopia est un projet de trois ans qui travaille avec les citoyens pour façonner l’espace public en collaboration sur l’île. À l’aide d’outils de participation et de conversation créatifs - tels que des bus transformés en salles d’atelier mobiles - les citoyens discutent de la transformation urbaine et coproduisent des projets, qui sont temporairement testés dans les espaces publics avant d’être intégrés dans le plan d’aménagement final. Comme décrit dans son plan d’action intégré URBACT, Nantes cherche à étendre l’expérience Ilotopia et à développer un mécanisme à long terme pour la participation des citoyens au changement urbain. Pour Mme Renou, la collaboration internationale par le biais de REFILL a eu un impact extrêmement positif sur Nantes. « Je suis heureuse de dire que des relations de confiance ont émergé entre les partenaires et ont facilité l’échange de bonnes pratiques », dit-elle. « La comparaison et la communication ont permis à SAMOA de repenser son projet local avec les points de vue exprimés par les partenaires de REFILL. Elle a permis à SAMOA de réfléchir à l’utilisation temporaire et de mieux évaluer son impact, ainsi que de travailler de manière plus intégrée avec les acteurs de la ville. URBACT a permis au projet local d’avoir plus d’ambition ».

Références