Les mesures prises par Delhi pour encourager la généralisation de l’utilisation des véhicules électriques

2026

C40 Knowledge Hub

Delhi, asphyxiée par la pollution atmosphérique, a pris des mesures radicales pour accélérer l’adoption des véhicules électriques.

Avec 23 % des émissions urbaines liées aux transports pendant les mois d’hiver, la ville a mis en place une politique ambitieuse (2026-2030) visant à éliminer progressivement les véhicules à moteur à combustion interne. À partir de 2027, seuls les tuk-tuks électriques pourront être immatriculés, puis ce sera au tour des deux-roues en 2028. Cette transition s’accompagne de subventions dégressives, d’incitations fiscales et d’un vaste plan d’infrastructures (1 400 bornes de recharge à installer). Une feuille de route audacieuse pour faire de Delhi un modèle de mobilité propre.

Une étude de cas tirée du rapport : Comment les villes s’attaquent aux combustibles fossiles (voir la fiche liée)

Afin de lutter contre la contribution significative des émissions des véhicules à la pollution atmosphérique, qui s’élève à 23 % pendant les mois d’hiver, le gouvernement de Delhi est passé de programmes d’incitation à la mise en œuvre de mesures d’immatriculation strictes.

@ C40 Cities

La politique de Delhi en matière de véhicules électriques (2026-2030) fixe un calendrier précis pour la transition : à compter du 1er janvier 2027, seules les immatriculations de tricycles électriques seront autorisées. Cette mesure sera suivie, le 1er avril 2028, d’une obligation encore plus large, imposant que toutes les nouvelles immatriculations de deux-roues concernent des véhicules électriques. De plus, les établissements scolaires du Territoire de la capitale nationale de Delhi doivent respecter des objectifs d’électrification échelonnés pour leurs flottes de bus scolaires, visant 10 % d’ici la fin de la deuxième année et atteignant 30 % au plus tard le 31 mars 2030.

Les gestionnaires de flottes et les prestataires de services de livraison sont soumis à des restrictions immédiates, avec l’interdiction d’introduire de nouveaux véhicules équipés de moteurs à combustion interne conventionnels à compter du 1er janvier 2026. Le secteur public doit également montrer l’exemple : tous les nouveaux véhicules loués, pris en leasing ou achetés par les services gouvernementaux, ainsi que les bus inter-États, devront être électriques à compter de la date de notification de la politique.

La politique prévoit un système d’aides à l’achat dégressif, conçu pour récompenser les premiers adeptes. Par exemple, pour les deux-roues, la subvention commence la première année à 10 000 INR (environ 106 USD) par kWh (jusqu’à 30 000 INR, soit environ 320 USD) et diminue chaque année jusqu’à atteindre 3 300 INR par kWh la troisième année. Une réduction progressive similaire s’applique aux trois-roues électriques et aux véhicules utilitaires légers.

Afin de moderniser le parc automobile existant, d’importantes primes à la mise au rebut sont proposées. Ces avantages financiers sont renforcés par des allègements fiscaux : la plupart des véhicules électriques appartenant à la tranche de prix la plus basse bénéficient d’une exonération à 100 % de la taxe routière et des frais d’immatriculation jusqu’en mars 2030, tandis que les véhicules hybrides puissants bénéficient d’une exonération de 50 %.

Un plan d’infrastructure solide est au cœur de la politique 2026-2030. Delhi Transco Limited fera office d’agence centrale pour la planification, l’agrégation de la demande, la coordination, la mise en place d’un guichet unique et la mise en œuvre des infrastructures publiques de recharge et d’échange de batteries pour véhicules électriques dans le Territoire de la capitale nationale de Delhi.

En combinant des obligations d’immatriculation strictes pour les deux- et trois-roues avec une structure d’incitations dégressives, le gouvernement espère favoriser une adoption précoce tout en établissant un écosystème de véhicules électriques autosuffisant.

Approvisionnements énergétiques modernes

Les villes jouent un rôle central dans la transition vers des systèmes énergétiques flexibles et basés sur les énergies renouvelables, en améliorant l’accès à l’électricité, la fiabilité du réseau et la sécurité énergétique locale. Elles y parviennent en menant ou en contribuant à des plans en matière d’énergies renouvelables, tels que la « Heat Transition Vision » d’Amsterdam, qui vise à faire passer 550 000 foyers et bureaux du gaz fossile à un chauffage durable d’ici 2040. Au Royaume-Uni, près de 100 collectivités locales collaborent à l’élaboration de « Local Area Energy Plans » (plans énergétiques locaux) chiffrés afin de transformer les systèmes et les infrastructures énergétiques.

Les villes tirent également parti des réseaux énergétiques locaux pour favoriser les installations renouvelables. Reykjavík, San Francisco et Seattle, par exemple, s’associent à des services publics régionaux pour déployer des actifs renouvelables. À Medellín, les « Empresas Públicas de Medellín » réinvestissent 30 à 50 % de leurs bénéfices dans les services publics, l’éducation et le développement urbain, au profit des zones défavorisées grâce à des projets tels que des téléphériques et des stations d’épuration.

Pour accélérer l’adoption des énergies renouvelables, les villes aident les habitants et les entreprises à installer des systèmes renouvelables. La feuille de route de Chennai pour le solaire sur les toits comprend des révisions tarifaires, des solutions financières et des campagnes de sensibilisation, tandis que le programme SSEG du Cap permet d’exporter de l’électricité vers le réseau en échange de crédits. Le financement de nouvelles infrastructures renouvelables, telles que les parcs éoliens de Melbourne via des contrats d’achat d’électricité, ou le projet innovant de Qingdao sur la rivière Li Cun — qui extrait de l’énergie thermique des eaux usées —, démontre encore davantage comment les villes étendent la couverture des énergies renouvelables, à l’image des 173 km² de chauffage de Qingdao désormais alimentés par des énergies renouvelables.

Références

Extrait du document pages 28 à 20 : How cities take action on fossil fuels

En savoir plus

C40 Cities : www.c40.org/