Guide du « citymaker » sur… l’intelligence artificielle : que se passe-t-il lorsque les villes passent au numérique ?

Repenser l’IA, les données et la valeur publique dans les zones urbaines

Laura Valdés, Head of Policy, 2025

À une époque où les villes deviennent le cœur de la transformation numérique, l’intelligence artificielle (IA) et les technologies émergentes redéfinissent la gouvernance urbaine, les services publics et l’engagement citoyen.

Cette note d’orientation explore les enjeux, les défis et les opportunités liés à l’IA dans les zones métropolitaines, en mettant en avant la manière dont les villes peuvent exploiter ces outils de manière éthique, inclusive et durable. Des plateformes participatives de Madrid à la gestion urbaine fondée sur les données de Hangzhou, ce document offre une perspective mondiale sur l’avenir des villes intelligentes, en conciliant innovation, équité, transparence et responsabilité environnementale.

Cette fiche résume le document complet, disponible en téléchargement.

Para descargar: metropolis_layout_ai_web.pdf (1,1 MiB)

Les enjeux : pourquoi l’IA est essentielle pour les villes

L’urgence de l’IA urbaine

Les villes évoluent vers des écosystèmes axés sur les données, où l’IA agit à la fois comme catalyseur d’innovation et comme facteur potentiel de perturbation de l’équité sociale. L’intégration de jumeaux numériques (répliques virtuelles de systèmes physiques), d’analyses prédictives et de plateformes immersives dans les infrastructures urbaines promet de révolutionner la manière dont les villes gèrent leurs ressources, réagissent aux crises et impliquent leurs citoyens. Par exemple, le « City Brain » de Hangzhou, développé par Alibaba, utilise des données en temps réel pour optimiser les flux de circulation, réduisant ainsi les délais d’intervention d’urgence de près de 50 % (ONU-Habitat, 2024, p. 12). Pourtant, cette même infrastructure peut permettre une surveillance de masse, ce qui soulève des questions éthiques concernant la vie privée et le consentement (Wired, 2018).

Cependant, l’adoption rapide de l’IA devance les cadres réglementaires, exposant les villes à des risques de partialité, de désinformation et de pression sur l’environnement. Par exemple, il a été démontré que les systèmes d’IA entraînés sur des ensembles de données incomplets renforcent la discrimination à l’encontre des groupes marginalisés, tels que les femmes et les minorités ethniques (UNESCO, 2021, p. 8). Par ailleurs, les besoins énergétiques des modèles d’IA — en particulier dans les centres de données — posent d’importants défis en matière de développement durable, certaines estimations suggérant que l’entraînement d’un seul modèle d’IA peut générer autant d’émissions de carbone que cinq voitures sur l’ensemble de leur durée de vie (MIT News, 2025).

Risques clés :

Le Forum économique mondial classe la désinformation comme la menace mondiale la plus urgente à court terme (Rapport sur les risques mondiaux 2025, p. 5).


Les villes se trouvent à la croisée des chemins, là où les promesses de l’IA — des infrastructures plus intelligentes, des réponses plus rapides et un engagement citoyen plus profond — se heurtent à la réalité de ses risques : biais, surveillance et dégradation de l’environnement. Le défi ne consiste pas seulement à adopter ces outils, mais à les utiliser avec sagesse, en veillant à ce qu’ils servent l’ensemble des habitants, et non pas seulement une poignée de privilégiés.

Défis : leçons tirées du terrain

Repenser la participation à la sphère publique numérique

Les plateformes numériques transforment l’engagement citoyen, mais leur succès dépend de leur caractère inclusif et de leur adaptabilité.

Rapprocher les services publics des citoyens

L’IA peut améliorer la prestation des services, mais la supervision et le jugement humain restent essentiels.

Améliorer l’aménagement urbain et la préparation aux catastrophes

L’IA redéfinit l’urbanisme, mais une gouvernance éthique est essentielle.


Des rues virtuelles de Metaverse Séoul aux collines californiennes ravagées par les feux de forêt, les villes testent les limites du potentiel de l’IA. Chaque exemple révèle une vérité : la technologie peut sauver des vies ou éroder la confiance, optimiser les systèmes ou renforcer les inégalités. La différence ne réside pas dans les outils eux-mêmes, mais dans les valeurs qui guident leur utilisation.

Recommandations : une feuille de route pour une IA éthique dans les villes

Questions essentielles pour les décideurs politiques

Pour s’assurer que l’IA serve l’intérêt général, les dirigeants municipaux doivent aborder les points suivants :

  1. Co-conception : Les plateformes numériques sont-elles co-créées avec les habitants, y compris les migrants, les personnes en situation de handicap et les habitants des quartiers informels ?

  2. Gestion communautaire : La ville investit-elle dans des modèles de gouvernance locale pour garantir une participation significative et continue ?

  3. Mesures de protection : Des audits de biais, des registres d’algorithmes et des cadres éthiques sont-ils en place pour prévenir tout préjudice ?

  4. Gouvernance à long terme : Comment les systèmes numériques pourront-ils perdurer au-delà des cycles électoraux et s’aligner sur les objectifs sociaux et environnementaux ?

  5. Renforcement des capacités : La ville dispose-t-elle des compétences et du personnel nécessaires pour gérer et adapter les systèmes d’IA au fil du temps ?

  6. Ouverture des données : Les données sont-elles normalisées, partagées et améliorées entre les services et les juridictions ?

Mesures concrètes


La voie à suivre exige plus qu’une simple sophistication technologique ; elle nécessite un engagement en faveur de l’équité, une volonté de remettre en question et l’humilité nécessaire pour s’adapter. Les villes doivent se demander non seulement ce que l’IA peut faire, mais aussi pour qui — et à quel prix. L’avenir de l’IA urbaine n’est pas prédéterminé ; c’est un choix, et le moment est venu de faire le bon choix.

Referencias

Para ir más allá

Site web : www.metropolis.org