L’atlas relationnel comme outil méthodologique : construire sa carte locale

L’atlas est également un outil pour accompagner les acteurs territoriaux dans une meilleure compréhension de leur territoire et de leur expérience, dans la mise en résonance avec les savoirs théoriques et, ainsi, de participer à leur mise en action.

Dans ce cas, nous utilisons les principes de construction de l’atlas pour créer, avec les acteurs territoriaux des « cartes locales » (ou « atlas personnalisés ») à partir de leur problématique locale, concrète.

Dès lors, le processus de construction de l’atlas est aussi important que le « résultat », et permet (1) de déterminer les combinaisons pertinentes pour l’action et (2) stimuler une posture de coopération et de réflexivité. Ces cartes locales servent de grilles de lecture à partir des projets des acteurs.
C’est une mise en débat constante qui n’a pas pour objectif d’affirmer et d’imposer un angle de vue mais d’amener les acteurs à se poser des questions différemment.

Le mode de construction d’une carte locale est nécessairement collaboratif, et s’apparente beaucoup à d’autres approches collaboratives de construction d’atlas géographiques, comme Open street map. La matrice est prête à être utiliser par des acteurs territoriaux pour construire leur carte locale.

L’outil permet aux acteurs de visualiser à différentes étapes du projet les constats, les enjeux et les questionnements qui surgissent, pour ensuite construire des scenarii d’action.
Chaque carte locale n’est pas close sur elle-même mais reliée au reste de l’atlas.

L’intérêt de construire sa carte locale

Les grands principes

Les principes techniques régissant l’atlas relationnel permettent d’envisager la construction de cartes locales dédiées à la compréhension de son propre écosystème territorial (= lecture de son territoire) et à la construction collective des réponses aux enjeux qui se posent aux acteurs locaux. La carte locale est alors un outil pour accompagner les acteurs territoriaux dans une meilleure compréhension de leur territoire et de leur expérience, dans la mise en résonance avec les savoirs théoriques et, ainsi, de participer à leur mise en action.
Ces cartes locales peuvent être vues comme des « atlas relationnels personnalisés ». A partir de leur problématique locale concrète, les acteurs territoriaux déterminent ensemble quelles sont les composantes, caractéristiques de leur problématique, et les angles d’approche de cette problématique. CITEGO les accompagne à élargir au maximum ces points de vue, à déterminer ce qui relie telle caractéristique à tel angle d’approche.

Dès lors, le processus de construction de l’atlas est aussi important que le « résultat », et permet (1) de déterminer les combinaisons pertinentes pour l’action et (2) de stimuler une posture de coopération et de réflexivité. Ces cartes locales servent de grilles de lecture aux acteurs pour leur mise en action.

La méthode, le processus de construction de la carte locale est une mise en débat constante qui n’a pas pour objectif d’affirmer et d’imposer un angle de vue mais d’amener les acteurs à se poser les questions différemment, en élargissant les points de vue et en les reliant.

Dans le processus de construction de leur carte locale, les acteurs seront amenés à révéler les expériences déjà existantes sur le territoire, pouvant éclairer l’action.

Enfin, la carte locale, à l’issue du processus de construction, devient elle-même une ressource pour la communauté, en ce sens, qu’elle pourra être indexée à l’atlas relationnel au même titre que les autres ressources documentaires.

L’exemple de la carte locale « eau et projet urbain »

Dans le cadre d’une formation destinée aux urbanistes sur la prise en compte de l’eau dans leur projet urbain, la carte locale est utilisée comme « pense-bête » pour les urbanistes, mettant en avant les avantages à utiliser les différentes thématiques de l’eau dans les projets urbains (réglementaires, financiers, techniques...). Elle permet de relier les thématiques liées à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire avec les problématiques liées à l’eau :

  • Le fait de décrire, d’une part, les angles d’approche nécessaires à l’élaboration d’un projet urbain, et d’autre part, les différentes composantes du projet urbain pour intégrer la question de l’eau, va permettre aux stagiaires de la formation de visualiser, à partir de ce qu’ils connaissent, les interactions entre leur métier et l’eau. L’entrée par laquelle ils souhaitent aborder leur problématique les entraîne dans une visualisation transversale, intégrant par exemple, un même acteur à différents niveaux du projet et donc son importance dans la prise en compte de l’eau dans son projet.
  • Des ressources documentaires pourront être associées directement à cette carte locale.

La matrice initiale (territoire & gouvernance) est ici adaptée :

  • Composantes constitutives au regard de la thématique eau : Planification, Conception, Réalisation, Gestion
  • Les angles d’approche du projet urbain : Acteurs, Territoires et projets, Missions, Documents cadre, moyens et outils pratiques. Pour autant, les angles d’approche, trop généraux vis-à-vis de l’atlas relationnel ont été retravaillés pour répondre à une spécificité de la carte locale : la thématique eau. Voir lacarte locale.

A partir de cette matrice initiale, les descripteurs de niveau 1 permettent de croiser les composantes constitutives avec les angles d’approche. Par exemple, nous souhaitons déterminer les acteurs de la planification. Le descripteur « Acteurs de la planification territoriale et prise en compte de l’eau dans les territoires » permettra aux utilisateurs de décrypter les acteurs présents à cette étape et notamment leur grande diversité et les relations existantes entre eux. Ici, les connaissances, les expertises et le dialogue entre les acteurs en présence seront les piliers de l’entrée collective en pensée systémique.

Construire sa carte locale

La construction d’une carte locale fait l’objet d’un accompagnement de la part de CITEGO. Les différentes étapes identifiées sont :

  • Identification de la problématique avec les partenaires pilotes de la démarche 
  • Elaboration de la matrice avec les acteurs (niveau 0 et niveau 1).
    — * Ouverture de la thématique (utilisation de l’atlas relationnel)
    — * Analyse de l’existant, identification des acteurs
    — * Réunions d’acteurs
    — * Construction collaborative de la matrice
  • Création visuelle de la matrice de la carte locale à partir de la fichothèque dédiée (thesaurus et corpus) : niveau 0
  • Création des niveaux 1 et des niveaux 2 au cours du processus d’accompagnement des acteurs territoriaux

A noter que l’accompagnement des acteurs territoriaux se fait sans qu’ils n’aient à entrer dans l’interface de gestion, gérée par CITEGO.

La construction d’une carte locale passe par l’élaboration de grilles de lecture répondant aux objectifs et aux besoins des acteurs présents. Ces grilles de lecture reposent sur le croisement entre les composantes et les angles d’approche de la problématique traitée et constituent la matrice de la carte locale. Les composantes et les angles d’approche constituent les niveaux 0 de la matrice, le croisement entre deux niveaux 0 (une composante croisée avec un angle d’approche) donnent les niveaux 1.

L’identification des composantes et des angles d’approche de la problématique est une étape essentielle car elle définit la base de la carte locale qui sera paramétrée en back office. Elle ne pourra alors plus être modifiée. C’est dans cette phase que l’expérience des acteurs territoriaux, leur capacité à embrasser toutes les faces d’une question, à repérer des angles d’approche inédits pour eux, etc. seront déterminants. La construction même de la matrice est au cœur du processus d’entrée en intelligibilité du territoire et les prémices de l’entrée en dialogue.

Une fois les niveaux 1 créés, tous les croisements de niveaux inférieurs, l’élaboration de nouveaux descripteurs et la construction de nouvelles relations entre les descripteurs (qu’ils soient de niveau 1 ou 2) peuvent être envisagés pour répondre à la problématique abordée.

Par exemple, le descripteur « Acteurs de la planification territoriale et prise en compte de l’eau dans les territoires » a entraîné la création de nouveaux descripteurs permettant de préciser le type d’acteurs concernés par la planification territoriale.

La création de la matrice d’une carte locale est réalisée par CITEGO dans le cadre d’un accompagnement territorial. A l’issue du processus d’accompagnement, la matrice reste hébergée par CITEGO mais la carte créée peut être utilisée et modifiée à l’envi par les acteurs territoriaux ayant participé au processus dans le cadre de leurs actions de dissémination / changement d’échelle / formation / accompagnement. Toutefois, celle créée dans le cadre de l’accompagnement pourra être indexée dans l’atlas relationnel comme illustration de la problématique traitée, au même titre qu’une ressource documentaire. Un descripteur spécifique pour cette carte locale est alors créé.