L’atlas relationnel


L’atlas relationnel nous permet de décrire « ce dont parle une fiche », en mettant l’accent sur les liens entre les descripteurs (mots-clés) et en représentant ces liens par des «  desmogrammes », ou cartes conceptuelles. La différence avec une indexation avec des mots-clés classique est double : d’une part les descripteurs abordent un niveau de détail plus fin que les mots-clés thématiques et d’autre part ils se situent à l’interface entre d’autres descripteurs. A la différence d’un mot-clé qui peut appartenir à une famille thématique, les descripteurs se trouvent entre familles thématiques. .

C’est ainsi que les descripteurs se situent à plusieurs échelles, depuis la plus générale (les descripteurs reflétant l’ensemble des caractéristiques des territoires des villes et de leur gouvernance) jusqu’à la plus détaillée (comme les descripteurs qui caractérisent les espaces publics, la mobilité, le lien entre éducation et territoire ou encore la place de la politique de l’habitat dans la lutte contre l’exclusion sociale), en ayant comme pour un atlas ou pour un plan de ville le moyen de repérer d’abord les grandes catégories pour d’entrer ensuite dans le détail.

Pourquoi une telle approche relationnelle est-elle si importante pour CITEGO ? En raison même de ce qu’est un territoire et sa gouvernance. Si le territoire local est appelé à jouer un rôle si fondamental dans la transition vers des sociétés durables c’est parce que c’est le lieu par excellence de gestion des relations. Mais une potentialité n’est pas nécessairement réalisée. Ce n’est pas parce qu’un territoire a cet avantage comparatif de traiter les relations qu’il le fait effectivement. Par exemple, dans beaucoup de collectivités territoriales, l’organisation « arborescente » des services techniques et administratifs, chacun placé sous l’autorité d’un élu jaloux de son pouvoir, conduit à une sectorisation des politiques. La même question se pose pour d’autres acteurs à leurs propres échelles : praticiens, chercheurs, étudiants, ….

Il en va de même pour les outils de recherche dans une base de données comme celle de CITEGO. Les dossiers thématiques sont un moyen privilégié de comparer des expériences entre elles et d’en tirer des leçons de portée plus générale. Mais tout l’intérêt de CITEGO est précisément de tenter d’embrasser le vaste champ sémantique que constituent les territoires, les villes et la gouvernance et de montrer les liens entre les thèmes. Et pour cela il faut que les descripteurs qui servent à décrire le contenu du site et de chacun des dossiers ne soient pas constitués en sous espaces clos sur eux mêmes, comme « l’économie des territoires », « la politique de mobilité », « le rôle des territoires dans l’éducation », « les politiques sociales locales », « la mise en œuvre du droit au logement », « les quartiers à énergie positive », « la cogestion des services publics », etc... Il faut au contraire que l’on puisse découvrir que des dossiers en apparence très différents les uns des autres traitent de sujets liés entre eux.

De ce fait l’atlas relationnel de CITEGO a trois usages complémentaires. C’est d’abord un outil d’indexation, invitant les rédacteurs des fiches à prendre conscience du fait que le sujet traité en renvoie pas seulement à un thème spécifique, par exemple celui qui fonde un dossier, mais apporte aussi des éclairages sur d’autres aspects des territoires et de leur gouvernance. C’est, en second lieu, un outil de navigation dans le site, qui facilite la recherche autour du sujet traité, qui permet de passer à des recherches plus fines ou au contraire plus générales en découvrant les relations entre un thème et l’ensemble de la gouvernance territoriale. C’est, enfin, indépendamment des fiches CITEGO elles mêmes, un outil de connaissance, aidant les internautes à se doter d’une vision plus complète et plus « systémique » de ce qu’est un territoire et sa complexité.

L’atlas est donc construit selon une méthodologie systématique qui permet, par croisements successifs entre descripteurs, de saisir des descripteurs de plus en plus « fins » comme « les risques d’accident dans des espaces publics multi-modaux » ou « le rôle des territoires dans l’apprentissage de la complexité par les jeunes » avec la possibilité à chaque fois de découvrir de quels croisements entre descripteurs plus généraux ces descripteurs sont issus ou quels descripteurs encore plus détaillés en sont issus : exactement comme on passe dans un atlas d’une carte à une échelle à des cartes à plus grande ou plus petite échelle.

A l’issue d’un long travail par tâtonnement, nous avons construit tout l’atlas à partir d’une matrice de base (lignes et colonnes), qui jouent le même rôle que la latitude et la longitude dans une carte géographique. Vous noterez d’ailleurs que dans les plans de ville, chaque « carreau » est désigné par ses coordonnées alpha-numériques comme « G15 » ou « D4 ». Ce sont dans ces carreaux de départ que sont situés ce que nous appelons les « descripteurs de niveau 1  ». Tous les autres sont construits en les combinant entre eux comme un vaste jeu de construction.

Le mode de construction d’un atlas relationnel est nécessairement collaboratif , et s’apparente beaucoup à d’autres approches collaboratives de construction d’atlas géographiques, comme Open street map, que beaucoup de collectivités locales utilisent pour établir leurs données géoréférées. Les cartes générales sont établies une fois pour toutes. Par contre, les cartes locales sont réalisées par des volontaires, au fur et à mesure que le besoin d’une telle carte se fait sentir. L’équipe de CITEGO a donc mis en place l’ensemble des « carreaux » de départ et créé les descripteurs de niveau 1 puis un ensemble de 2000 descripteurs de niveau 2 (croisement entre au moins deux niveaux 1), 3 (croisement entre descripteurs de niveaux 1 et/ou 2), etc... Mais c’est au fur et à mesure que CITEGO s’enrichit de nouveaux dossiers thématiques, ou au fur et à mesure que des experts d’un domaine viennent rejoindre la famille CITEGO, que l’on peut élaborer avec eux la « carte locale correspondante », avec l’intérêt majeur que chaque carte locale n’est pas close sur elle-même mais reliée au reste de l’atlas.

Voici quelle est la matrice de base de 9 colonnes et 7 lignes :

Les neuf colonnes décrivent ce dont est constitué un territoire :

  1. Société et territoire
  2. Économie et territoire
  3. Écosystèmes territoriaux
  4. Équipements et réseaux
  5. Capital culturel des territoires
  6. Organisation de l’espace
  7. Flux
  8. Institutions
  9. Relations entre le territoire et le monde

Les sept lignes décrivent les différents angles d’approche des territoires et de la gouvernance territoriale :
a. Éléments constitutifs des territoires
b. Types de territoires
c. Dynamique des territoires
d. Acteurs du territoire
e. Domaines de la gouvernance
f. Moyens de la gouvernance
g. Principes de gouvernance